Les patates impossibles...

Autrefois Les patates impossibles... Même administration, same shit.

28 août 2007

Où je compare Bernard Derome à une certaine icône du cinéma américain...

basC'est vraiment la guerre. Non mais, jusqu'ici, on savait ben qu'on était en guerre mais ça restait quand même du domaine de l'abstrait. Sauf que là... Pis je dis pas ça à cause des reportages de Richard Latendresse à TVA. Ou parce que l'intuable Derome tel un Rambo 4 s'en va en Afghanistan. Je dis ça parce que depuis quelques semaines, chaque matin, quand j'ouvre mon tiroir de bas et de bobettes, c'est rendu que je pense à la guerre.

Y a peut-être trois ans, quand Julie pis moi on est déménagé du 327A au 327B (c'est à dire, à un gros mètre de distance), on a pris l'appart de notre ex-voisin, un chic type du nom de Pat. Comme on avait partagé la même galerie pendant près d'un an, on avait fini par sympathiser. À l'époque, j'étais encore membre du légendaire groupe rock Iron Bédène et à chaque show, on se payait allègrement la gueule des soldats en interprétant Chevalier de l'an 2000. Un bon moment donné, alors que je buvais de la bière avec un copain, on s'est mis à chanter cette chanson là pis Pat qui était à l'extérieur, l'avait trouvé ben bonne.

Naturellement, comme il s'agit de la vie improbable de Joël Martel, quelques secondes plus tard, j'apprenais que Pat venait tout juste de s'enrôler dans l'armée. Les mois passaient et une fois de temps en temps, lui et moi, on parlait du monde, de la guerre. Ceux qui me connaissent en savent quelque chose, je suis pas trop un trippeux de guerre et si un jour j'avais participé à La tête de l'emploi, personne ne m'aurait cru si j'avais tenté de me faire passer pour un militaire. Mais bon, j'avais un grand respect pour Pat et il me le rendait très bien.

Un bon soir, j'étais en train de m'en griller un avec lui et on est encore venu sur le sujet. "Moi man, je veux aller au front. Je veux tirer sur les méchants. Je suis né pour ça." Écrit comme ça, ça fait totalement débile mais le gars disait ça avec la même sobriété avec laquelle un chirurgien dirait: "Moi man, je veux opérer du monde. Je veux enlever des tumeurs. Je suis né pour ça." Ça reste que quand il m'avait dit ça, je me rappelle m'être étouffé.

"Mais t'as pas peur un jour de t'apercevoir que y a pas vraiment de méchants?" que j'ai demandé avec une certaine prudence. Là, j'ai vu dans les yeux de Pat un certain doute mais deux secondes plus tard, il me répondait que "Oui des fois." Le gars était pas con du tout. Mais vraiment pas. "Pis... t'as pas peur des fois de te faire tuer?" que j'ai répliqué. "Non. Si chus pour mourrir de même, je peux rien faire contre ça. Pis si c'est pour permettre à des gars comme toi de continuer à écrire des bonnes tounes pis à faire réfléchir le monde, ben tant mieux!" Non mais comprenez-vous que j'ai rarement été cassé comme ça.

Quelques mois plus tard, Pat a déménagé pis on a pris son appartement. Comme y avait laissé du stock dans notre petit entrepôt, notre proprio avait fait le ménage mais j'avais eu le temps de garder un paquet de paire de gros bas de l'armée. Pis là, au début du printemps, Pat est venu me voir à la bibli pis il m'a annoncé qu'il partait en Afghanistan. Là, il est parti.

Savez-vous quoi? J'aimerais crissement ça pouvoir lui redonner ses bas.

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23 août 2007

Où je suis la marionette d'une campagne de marketing foutrement bien réussie...

charlotteLes aventures de Charlotte la chatte... Ça devait ben faire vingt minutes que Charlotte courait d'un bord pis de l'autre de l'appartement. Je savais pas trop avec quoi qu'elle jouait mais ça avait l'air ben le fun. Tout à coup, elle est venue s'installer à côté du divan pis là, c'était le combat ultime. Envoye sur le dos, envoye sur le côté, envoye la tête qui swingue, renvoye sur le dos pis renvoye.

Je trouvais ça ben cute mais comme j'essayais de me concentrer sur ce que je lisais, j'ai checké c'était quoi la gogosse qui la faisait autant tripper. Là, j'ai dû faire une face perplexe parce que c'est un peu comme ça que je me suis senti. En fait, Charlotte jouait avec une cigarette égarée. "Que c'est que tu fais là toi" que je lui ai demandé. Naturellement, elle m'a rien répondu mais elle a aussitôt senti que je ferais un move hors de sa compréhension. Le move en question fut de lui retirer la cigarette.

Julie m'a regardé un peu surprise en me disant: "Laisses-y, pauvre petite. Elle la fumera pas." Tel un père qui écoute trop les émissions d'affaires publiques, j'ai essayé de garder mon sang-froid en prétextant que si jamais elle mangeait le tabac, elle pourrait gravement s'intoxiquer. Mon argument a plutôt bien fonctionné et vingt secondes plus tard, j'étais en train de jeter la cigarette maudite aux poubelles.

La soirée a continué sans autres incidents jusqu'à ce que j'aille me chercher un verre d'eau. Charlotte étaait couché sur la table pis elle avait les yeux en forme de "V". Aussi, elle me fusillait du regard. J'ai essayé de la flatter mais au lieu de ronronner, elle a gémi pis s'est mis en petite boule. "Julie, je pense que Charlotte est en sevrage de nicotine."

Ça a duré deux jours.

Le courrier des lecteurs et lectrices... Danick, mieux connu ici sous le pseudonyme de DaN, nous faisait part dans le billet précédent du côté vétuste de Donkey Conga. Bien entendu, je suis d'accord avec lui mais il reste que je préfère DC à Guitar Hero pour une raison bien simple: dans la vraie vie, je ne joue jamais de Bongo - il s'agit d'un de mes rêves - mais régulièrement, je me fais péter les oreilles par Boca qui drumme en tabarouette pis Bad Ass Bass qui utilise pleins de pédales de distorsion frisant la folie. Aussi, j'ai passé près de 10 ans à rocker avec le légendaire groupe rock Iron Bédène et laissez-moi vous dire que ça a valu tous les jeux inimaginables du monde entier. Merci la vie. Ah... et en passant DaN, je suis ben content de te savoir parmi nous malgré ton exode. Je t'ai toujours ben aimé, même au primaire, quand tu te tenais avec Dom qui arrêtait pas de me traiter de tapette. Je savais que toi, tu étais ben correct.  Yo DaN!

Enfin, pour répondre à Émilie, moi aussi, je te comprends. Il fut un temps où j'ai mis ma vie de côté afin de me taper les trois Omerta en DVD pis quand j'ai su qu'il y en aurait un quatrième, je me suis dit: "Hep". Maintenant, j'ai une prophétie pour toi: Lost finira bien par te rattraper.

Destin tordu... Je sais qu'est-ce que je vais faire 5 jours après ma prochaine fête. Je vais aller au cinéma.

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22 août 2007

Où les Lostomanes rencontrent Donkey Kong et deux docteurs es littérature...

michyel_forgetLostomane anonyme... Je suis rendu avec un crisse de problème. J'ai commencé à me taper les DVD de Lost pis là, j'ai comme de la misère à me contrôler. J'arrête pus de penser à ce qui va arriver à Sawyer pis à Charlie. C'est rendu que je rêve que je pars une fin de semaine dans le bois avec monsieur Lok. Tsé, le genre de trip débile que les matantes devaient vivre avec Les machos sauf qu'eux-autres, elles rêvaient qu'elles allaient passer une fin de semaine dans un chalet à St-Maurice avec Michel Forget.

Mais le pire là-dedans, c'est que je me dis que quand j'vas avoir fini de me taper les deux premières saisons, il va falloir que j'attende que la saison 3 sorte pis là, ça va être le calvaire ultime du téléspectateur: a) écouter fidèlement chaque émission à chaque semaine et faire preuve d'une patience quasi-inhumaine ou b) faire preuve d'une patiente quasi-inextra-terrestre et attendre dans je sais pas combien de temps que les autres coffrets sortent.

En fait, ça va faire comme n'importe quelle toxicomanie: après l'euphorie, le down. Mais bon, comme un junkie, j'essaie de pas y penser et de me placer au-dessus de tout ça, le temps que le trip dure. Au moins, je peux me dire que je suis entouré de Lostomanes comme moi et même ma blonde l'est un peu. Solidarité, comme on dit.

King of the bongos... Hier, mon deuxième patron, soit celui qui m'a offert la chance d'être payé pour écrire, me dit qu'il va passer chez-nous pour venir récupérer un truc. Mais comme il arrive d'un long séjour à l'extérieur, il m'avertit qu'il risque de passer me voir à ma première job, celle où l'on me considère généralement comme un nigaud tout droit tombé de la dernière pluie. Étant donné que je suis mathématicien dans l'âme, après quelques calculs actuariels, j'en viens donc à la conclusion que mon deuxième patron n'aura pas le temps de passer chez-moi.

Confiant de jouir d'un certain anonymat, j'en ai donc profité pour m'adonner à un des mes nouveaux passe-temps: Donkey Congo. Pour ceux qui ne connaissent pas ça, disons que c'est une espèce de Guitar Hero mais avec des bongos. J'étais donc en train de donner une performance extraordinaire sur Rock Lobster des B-52's quand ça a cogné à la porte. Évidemment, c'était celui que vous pensez, affichant un sourire jusqu'aux oreilles: "Tu te pratiques pour le Tam Tam Macadam?".

Fume le temps... C'est drôle parce qu'à chaque fois que j'écris "une espèce de", j'ai une pensée pour le docteur Nicolas Xanthos. Dans une autre vie où j'avais foi, où je croyais que mon salut proviendrait de longues études universitaires, Nicolas Xanthos avait corrigé un de mes travaux et il m'avait appris que l'on écrit "une espèce de" et non "un espèce de". Mais là, je vous écris ça et je suis plus certain si c'est lui qui m'a appris ça ou ben si c'est le docteur Luc Vaillancourt. Merde, pourquoi toutes ces années à se droguer...

Posté par joelmortel à 11:40 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 août 2007

Où je reviens presque du centre Betty Ford...

bettyLes aventures idiotes de Joël Martel: Des fois mon ordi fait un drôle de son. C'est à cause du lecteur CD qui fait comme vibrer le boîtier de l'ordinateur. J'y donne une petite tape pis hop! le bruit arrête. Tantôt, j'arrive dans mon mini-bureau pis là, j'entends une espèce de grondement vraiment inquiétant. Je me dis: "Tabarnac! mon ordi s'en vient déjà scrap ou quoi?" faque je commence à donner une petite tape sur le lecteur CD mais rien. Faque je recrisse une tape dessus mais, même résultat. Mon crissomètre commençait à grimper sérieusement jusqu'à ce que je catche que c'était mon voisin qui gonflait ses pneus dans la cour en arrière...

Les risques de ne pas aller à l'école: Hier, y a un freak qui s'est mis à engueuler un usager parce qu'il parlait trop fort. Comme l'usager à la voix forte a une araignée au plafond, je me suis dit que la simple exposition du problème ferait comprendre à Frustor la situation mais le gars était complètement berserk. "Vous faîtes jamais rien vous-autres. Ça fait quatre ans que je viens icitte pis vous laissez faire tout le monde. Vous êtes allés au cégep pis à l'université pis vous êtes même pas foutus de comprendre ça! Chus jamais allé à l'école moi pis je l'sais qu'il faut pas parler fort dans une bibliothèque!"

Le gars me disait ça mais en parlant tellement fort que tout le monde dans la bibliothèque pouvait l'entendre. Je vous épargne la suite mais j'ai peut-être un petit conseil pour vous: Vous voyez ce que ça fait de pas aller à l'école, ça fait du monde qui passe leur vie à péter des coches contre du monde inoffensif. Vous serez avertis.

Trégory et Ouanani: Samedi prochain, je redeviens Trégory Charles. Tsé le gars qui est partout. Dick, P-O pis moi, on passe la journée à tourner un film sur l'impro vidéo. Après ça, j'anime le "match" d'impro vidéo pis enfin, on fait un mini-concert de JOE BOCA où c'est qu'on va chanter des tounes de JB, de "Les patates..." et peut-être même quelques-unes des Bédènes. C'est ben l'fun tout ça sauf que le même soir, à Alma City, aura lieu le lancement du premier album du collectif Ouanani. Pour avoir entendu l'album - vous savez dans cette vie jet-set où l'on me paie pour écrire - je peux vous dire que ça doit vraiment torcher en spectacle.

Ben sincèrement, si j'étais mon ami, je me ferais faux-bond pis j'irais voir ça à la place. Mais bon, je suis moi.

Posté par joelmortel à 11:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2007

Où je reviens les deux pieds sur le gaz...

spagLes choses ont ben changé. Je parle, depuis la dernière où je vous ai écrit. En fait, lu comme ça, ça fait un peu freakant. Ça fait gars qui s’est faite crissé là. Ou gars qui a perdu sa job. Ou gars cool qui à la fin du film te dit que finalement c’était lui le malade mental qui torturait pis tuait toute ce monde-là. Ou même gars qui médite sur la vie en général depuis le 11 septembre 2001. Bref, ça fait ben des affaires mais rien de ça.

Si je vous ai pas donné de nouvelles depuis plus d’un mois, c’était parce que j’avais pus de jus. Pus rien. Tranquillement mais certainement, je me diluais de plus en plus en une espèce de marde auto-complaisante fake modeste et humble et un mois plus tard, je suis toujours cette chose en devenir mais je me suis quand même fermé la gueule un bout de temps.

Je je je moi moi moi. Je par-ci pis moi par-là. Overdose de moi. Ou overprose comme dirait Yvon, ce poète curieux qui m’a fait un «Friend Request » sur mon Myspace. Y a aussi que j’ai eu quelques articles à faire durant le mois pis je vous cacherai pas que, je sais pas si c’est parce que je suis pas encore habitué ou si c’est parce que je suis poche mais ça me prend du temps en crisse à faire mais surtout, ça me demande beaucoup psychologiquement parlant.

Faut croire que j’avais sous-estimé ce boulot méconnu de journaliste à la pige. « Un article de temps en temps, Bof… y a rien là man » que je me disais. Je me trouvais ben hot. Là, à chaque fois qu’une nouvelle édition dans laquelle j’ai écrit sort, j’ai comme un petit mal de ventre pis pendant les jours qui suivent, j’ai peur de me faire descendre par des lecteurs ou lectrices qui pourraient me trouver nul à chier. Je me dis que le jour que ça va arriver, j’aurai aucun argument.

Mais bon, vu que j’aime trop ça comme boulot, je voudrais toujours en faire plus pis des fois, je me surprends à rêver qu’un jour, je pourrais faire ça à temps plein pis là, généralement, y arrive un client bête pas foutu de me dire bonjour ou Charlotte la chatte se met à me marcher dans la face. Retourne à la réalité ti-con que le grand Dieu Spaghetti me dit.

Mais le contraire arrive aussi des fois. Tsé, té ben raide dans la réalité pis là, quelqu’un te dit quelque chose pis là, tu te surprends à te mettre à rêver. Comme après-midi. C’était mon break faque comme à l’habitude, j’en ai profité pour aller me chercher un Kiri aux fraises avec une paille pliante et du même coup, piquer une petite jasette avec Émilie. De fil en aiguille, voilà tu pas que j’apprends qu’elle a entendu une pub à la radio où l’on a cité une de mes critiques! Mon premier « Two Thumbs Up! » comme l’a si bien dit Johnny. 

Ouais. Ça, c’est une chose qui a fait changer ben des trucs dans ma petite tête de faux-cul. Mais les choses ont changé ailleurs aussi. Comme le nightlife underground à Chicoutimi qui en a pris toute une câlisse dans les dernières semaines. Déjà qu’il était pas très fort, le voilà maintenant au fond des chiottes.

Je sais pas si vous vous souvenez de cette triste histoire typique de Chicoutimi, où je vous racontais la démolition imminente d’un maison historique afin de laisser place à une tour d’habitation de 20 étages pour les vieux… Ben voilà que le drame n’est pas terminé. C’est que le bar qui était dans cette bâtisse-là, il a fallu qu’il se trouve une autre place pour s’installer faque ils ont acheté Chez l’Diable. Résultat : le bar où tous les légendaires micros ouverts ont eu lieu, où « Les patates… » ont donné leurs premiers shows, où Les lions du rythme ont fait danser tout le monde, où tout le monde se connaissait, où je pouvais répondre « une bière » à la demande « Voudrais-tu quelque chose? » sans me faire dire « Quelle sorte? » après, eh! ben! Ce bar est désormais le sombre repère d’une gang qui ont l’air tout droit sorti d’un mauvais épisode de Relevez le défi qui sent la bière chaude. De quoi se tirer une balle à The Sims.

Mais bon, c’est la vie. Ça avance mais des fois, faut reculer un peu pour mieux reprendre le virage. En tous cas, si c’est ça, on devait crissement être dans le champ.

Posté par joelmortel à 21:42 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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