chatJ'ai trop mangé de gâteau chocolat. C'est que d'habitude quand c'est mon break, je me prends une chocolatine au café en face mais là, y en restait pus faque j'ai dit: "Fuck off, aujourd'hui on essaie le gâteau" mais crisse, c'est du triple chocolat genre. J'ai l'impression d'avoir du sirop dans les veines.

Mais bon, pendant que je me bourrais la face, je lisais le journal en me disant que j'étais crissement écoeuré du discours écolo. En fait, ça m'a toujours laissé de marbre les discours écolos mais là je suis juste tanné. Tsé, disons que j'ai la conscience ben tranquille à ce niveau là. Je conduis pas, je bois toujours dans la même bouteille d'eau, je récupère ce que je peux et en gros, mon peak de pollueur, c'est mes botches de cigarettes que je pitche à terre.

De toute façon, je pense qu'environnementalement, je suis une espèce de trou du cul. Je m'en crisse et je l'assume. En fait, je me crisse pas mal de toute. Tant que les chats ont ce qu'il faut. Justement. Hier, ma chérie d'amour était venue me chercher à la job pis en revenant, on voit un chat crissement cute sur la rue. Là, je fais comme remarquer qui y manque une patte. Ça, ça m'a touché. C'est poche mais quand on est poche, faut vivre avec.

Quinze minutes plus, je sors fumer une toppe avec Julie sur la galerie en arrière pis là, on entend un chat qui lâche un osti de cri intense. Du genre, une chatte vient de passer au batte. On voit ladite chatte qui part à la course et kessé qu'on voit pas: le chat à trois pattes qui lui court après. Super.

Un peu plus tard, il devait être deux heures du matin, j'écoutais la tévé pis là, Charlotte se met à courir d'un bord pis de l'autre de l'appart en miaulant. Après deux minutes de ce traitement, je m'écoeure de l'entendre se pitcher dans les stores de la fenêtre et je lui dis: "OK Charlotte, tu vas te calmer parce que sinon je te crisse dans la toilette".

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis certain que s'il y avait des tests MENSA pour les chats, je suis prêt à parier que Charlotte pèterait des scores. Mais ce qui est le plus badtrippant, c'est qu'elle est doublée d'un caractère baveux donc, quand elle se décide à nous faire chier, on dirait que rien n'est laissé au hasard.

Je venais donc de lui faire ma menace et là, Charlotte part se cacher à l'intérieur d'un fauteuil tout en continuant à me miauler: "Pauvre con, je vais ben miauler tant que ça va me tenter, anyway je l'sais que tu comprends même pas comment je fais pour rentrer dans c'te fauteuil là." En fin stratège que je suis, j'en viens à la conclusion que si Charlotte miaule, c'est parce qu'il y a un chat dehors qui la cruise faque si je le fais décrisser, probablement que retour au calme il y aura.

Je mets donc mes espadrilles et ma veste et je sors sur la galerie, ben pompé à imposer un régime de terreur à toute espèce vivante à l'extérieur. Comme j'ouvre la porte, je prends une grande inspiration et au moment où je m'apprête à semer la terreur, je vois-tu pas le petit chat à trois pattes sur ma galerie.

Une question morale s'amorce alors dans mon esprit: "Doit-on traiter les animaux infirmes de la même façon que les animaux en pleine possession de leurs moyens?" Une seconde de réflexion plus tard, la réponse sortait de ma bouche: "Heille, chat à trois pattes, décrisse".

J'en ai profité pour en griller une et contribuer du même coup au sacage de notre belle planète en pitchant mon botche à terre. Je vous le dis, je me crisse de pas mal toute.