11 juin 2008
Où l'on trouve presque des spirales dans les yeux...
Disons que je me suis levé crissement de bonheur à matin. Pour bien du monde, c'est une heure normale mais pour moi, ça relève pratiquement de la science-fiction. C'est pas mon record mais quand même, ça fait deux jours que je me lève à 8h30. Oui oui, 8 heures et demi. Aïe aïe aïe.
C'est qu'à matin, y avait une conférence de presse de Théâtre du Saguenay et J-F m'avait invité à l'accompagner faque j'y suis allé, question de me faire voir la face. Côté visuel, j'aurais pu faire mieux. C'est qu'on tourne un film en fin de semaine et comme mon personnage est moustachu, ça doit faire trois semaines que je me suis pas rasé et je commence à avoir l'air du chef des "pirates" dans la première saison de Lost. À cet effet, Julie m'a même dit qu'il fallait qu'elle m'aime en crisse pour ressentir quelque chose pour moi, étant donné mon look de clodo. Merci chérie.
Bon, comme je vous disais, j'arrive à la conférence pis là, Philippe Belley, tsé le gars de Radio-Canada, me fait part qu'il avait lu mon blogue. "J'pensais trouver ta vie plate mais finalement je l'ai lu au complet" qu'il me dit précisément. Je peux pas vous cacher que je me suis senti comme un peu weird. C'est plus le bout de "je l'ai lu au complet" qui m'a déstabilisé.
La conférence commence pis là, on se fait quelques gags pour pimenter le tout. Rendu au sujet de la rénovation de l'Auditorium Dufour, je tente de manipuler subtilement Philippe pour qu'il demande à Robert Hakim pourquoi le C.A. a pas pensé faire une demande à Ma maison Rona ou aux Anges de la rénovation.
À la fin de la conférence, l'hypnotiseur Messmer sort de derrière un rideau pis là je deviens comme blême. L'affaire, c'est que dans la vie, j'ai trois phobies: les animaux aquatiques, les maladies micro-biologiques et évidemment, les hypnotiseurs. Oui, je sais que ça fait pas très viril, mais je trippe pas pantoute sur les poissons pis surtout les poulpes ou les pieuvres. Ça me crisse littéralement la chienne. Je fais juste vous l'écrire pis je suis exorbité. C'est dire.
Pour ce qui est des hypnotiseurs, je peux pas vous expliquer pourquoi. En fait, la seule affaire qui me vient à l'esprit, c'est le film de Woody Allen ou l'épisode des Simpsons où Homer tombe dans une espèce de délire après s'être laissé mettre en transe par un gars qui sort d'une petite pyramide.
Faque là, Messmer s'adresse au monde pis moi, je checke subtilement si y'aurait pas un moyen de me pousser en douce sans trop attirer l'attention. Mais comme personne bouge pis que je suis presque en avant, je trippe vraiment mais crissement pas. Finalement, il termine son allocution et nous invite à assister à son show la saison prochaine. Fin.
Moi, je recommence à prendre mes couleurs pis je suis ben fier de pas avoir perdu le peu de crédibilité que j'ai en prenant mes jambes à mon cou. Là, J-F pis moi, on se lève pour partir pis Philippe me tend la main que je sers sans trop réfléchir. Philippe devient comme un peu confus et me dit: "Ah c'est vrai, t'aimes pas ça serrer des mains." Chose exacte dont j'ai parlé précédemment dans ce blogue mais comme j'étais encore sous le choc de Messmer, faut croire que j'étais en état post-traumatique.
On sort donc de la pièce et juste avant de franchir le cadre de porte, Messmer sort de nulle part et m'échange un regard. Ce qu'il a dû voir, c'est les yeux d'un homme purement terrifié. Et pas pour rien. Ça devait être à cause d'une lumière qui a reflété dans ses yeux mais crisse, ses yeux ont comme brillé quand je l'ai regardé. Un peu plus pis y avait des spirales dans les yeux.
Là, j'vas me faire un café pis fumer une toppe. Passer ma journée comme si de rien n'était mais demain, fini les affaires de se lever trop de bonne heure. Crisse qu'on voit des affaires freaks à 10h00 du matin.
03 juin 2008
Où mon statut de rockeur est peut-être confirmé...
Après-midi, j'étais à la job pis là, Nancy me demande si j'avais passé une grosse fin de semaine. Sans trop réfléchir, je lui dis que "ouais, pas pire" en pensant à la soirée de samedi. Y avait un party dans la même bâtisse que notre local pis on a donné un show avec Les lions du rythme. Disons que c'est rare qu'on a pas de fun quand on fait un show des Lions.
Là, je me mets à essayer de me rappeler ce que j'ai fait vendredi soir pis tout ce qui me revient à l'esprit, c'est qu'il me semble que j'ai fini la soirée au local mais je me rappelle comme pus trop pourquoi. Une bonne minute de réflexion plus tard, ça me revient: "Ah ouais... c'est parce que chus allé voir Leonard Cohen à l'Auditorium Dufour pis après J-F pis moi, on est allé prendre une bière au local."
Non mais tsé, faire plus séquelle que ça, c'est pas super évident. J'imagine que j'vas en faire chier quelques-uns mais même si c'était un super bon show, comme je connais pas tout le répertoire de Cohen, disons qu'après une dizaine de tounes, j'ai commencé à trouver ça un peu long. Pis là, comme le public en revenait juste pas que Cohen soit à Chicoutimi, la salle était tellement enthousiaste que Cohen enchaînait rappels sur rappels.
Un bon moment donné, J-F pis moi on s'est regardé pis j'y ai dit: "J'commence à avoir peur que ça finisse trop tard pour qu'on puisse aller s'acheter de la bière." J'ai checké l'heure sur mon cell pis y était 22h40. Comme on était rendu au troisième rappel, on a pas niaisé pis on a sacré le camp. Inutile de vous dire qu'on était les deux seuls de toute la salle à sacrer notre camp avant la fin du show.
Je sais pas si vous lisez le Rock N' Folk, mais depuis deux ou trois ans, y a une espèce de chronique dans le courrier du lecteur qui s'appelle Être rock en 2008 c'est... Ben je pense que je le sais maintenant moi c'est quoi: Être rock en 2008, c'est se pousser avant la fin d'un show de Leonard Cohen pour aller s'acheter de la bière avant 23h00.
Je me doutais aussi que malgré mes airs un peu straight, j'étais quand même rock.
